23 févr. 2019

FEVRIER 2019 : DE GIGONDAS à GRIGNAN ...


La truffe dans tous ses états. Et pas que... une promenade orchestrée de main de Maître, pour profiter de la cuisine de Laurent Dekoninck à l'Oustalet, de celle de Julien Allano au Clair de Plume, pour caver la truffe aussi avec les chiens qui vont bien, dans les truffières du Vaucluse, pour profiter d'un temps formidable : ni mistral ni pluie, grand beau... et après quelques heures de train, tout a commencé par une visite à CHATEAU RAYAS, où la rencontre avec Emmanuel Reynaud aura été un grand moment d'explication de texte du terroir et du vin exceptionnel issu de ses vignes, dégustation en cave pleine d'enseignement frappé au sceau du bon sens vigneron et le moment aura été beau et bon au point que l'on repartira avec quelques précieux flacons de ce vin d'exception, rouge et blanc... Chateau Rayas et Fonsalette. Tonitruante entrée en matière.

Château Rayas
Château Rayas

Dîner à l'Oustalet (Gigondas) :



L'endroit est charmant. Récemment honoré d'une clochette au Michelin, qui tinte fort fort... amplement méritée et qui de surcroît peut accueillir et retenir ses hôtes d'un soir... Les trois chambres sont délicieuses, confortables, accueillantes comme il faut et permettent non seulement de se préparer à un grand dîner mais aussi à se reposer ensuite de tout ce que nous aurons dégusté, autour de la truffe... un très beau repas, concocté par le Chef à notre intention, une grande tablée de six gourmands, bien décidés à en découdre avec la cuisine de Laurent Dekoninck comme avec la carte des vins. De ce point de vue, le sommet sera atteint par Fonsalette Blanc 2007. Une ultime tentative de corruption par le Domaine Gauby échouera, une fois encore... décidément, ce domaine n'arrivera pas à me convaincre, qu'il s'agisse de rouge ou de blanc... à en devenir un genre de "privatet-joke" façon leitmotiv...


MENU

Fines tartines de pain toasté à la truffe noire 
(sous une feuille translucide de lard noir)


Oignon doux des Cévennes à la truffe


Brouillade aux truffes noires.


Ravioles aux truffes
(beurre monté à la truffe noire)



Bar sauvage cuit vapeur
(pommade de pousses d'épinard pilées à la truffe noire)


Ris de veau et joue de veau aux truffes noires
(poireaux nouveaux aux truffes)


Blanc monté à la truffe noire
(caramel cassant).


Un grand et beau dîner, et l'aventure de la truffe continuera au lendemain matin, avec une belle promenade en pleine nature, en compagnie du Chef et des trufficulteurs qui ravitaillent l'Oustalet, trois chiens et une bonne livre et demie de truffes récoltées en une heure... belle matinée préparatoire au déjeuner à suivre, à Grignan...

Déjeuner au "Clair de Plume" à Grignan :


Une belle maison, quasi-privatisée pour l'occasion, une grande et belle salle à manger bourgeoise, "façon XIX° siècle", où l'on prend place pour un beau déjeuner et si l'on n'avait caressé l'ambitieux projet de visiter le château (qui en vaut la peine), nous aurions pu deviser ensuite en terrasse, longuement avec un cigare, au soleil... hors le temps, hors l'espace, le Chef, Julien Allano défend également avec vigueur et talent la truffe noire... et ce fut encore un beau repas, délicieux, avec un joli service au guéridon assuré par le Chef lui même, "l'aile et la cuisse", pintade composée... largement truffée, beau déjeuner, moment de gourmandise partagée... depuis l'apéritif servi en terrasse au soleil jusqu'aux cafés pris dans cette jolie salle à manger...


MENU

Consommé aux champignons - sablé au parmesan.


L'île aux coquillages de Méditerranée.


Entremet potager
(taglioni de céleri carbonara)


Cromesquis au beurre de truffe.


Pintade Truffée de Monsieur Edmond.
"L'aile et la Cuisse"


Saint Marcellin en création glacée
mesclun et olive de Nyons


Madeleine de Proust - Lait de Poule et sorbet pomelos.


Chocolat Riachuelo - Estragon - orange et sorbet orange amère.



Mignardises




Une belle promenade, sous un ciel clair, une ambiance printanière mi-Février, un bon cigare fumé au Château de Grignan, une jolie truffe partagée (près de 300gr... sacré monstre)... une bouteille de macérat d'olives de Nyons, la tête pleine de gourmandise encore... retour en train et l'intention ferme de récidiver. Ainsi naissent les Traditions...








17 déc. 2018

LUCAS CARTON - JULIEN DUMAS CARTONNE ...


Un sacré beau repas, dans le cadre inouï du Lucas Carton, sous la baguette de Julien Dumas, chef inspiré, qui sait alterner les (désormais) classiques et les (futurs) classiques détonants tels le formidable rouget en écailles croquantes, au dressage somptueux, et en bouche... une petite merveille, texture parfaite, cuisson irréprochable, précision chirurgicale... condiments pointus, juste comme il faut, une merveille... qui ne relègue pas au rencart le fameux (et incontournable)  chou-fleur, plat emblématique... avec ses deux "quenelles"... délicieux condiments, et n'éclipse par pour autant le reste de ce très beau repas, tout en saveur et en légèreté... les crevettes carabineros au caviar (évidemment c'est bon, même très bon... comme aurait pu le dire jadis Bardet, le caviar cuisine tout seul... mais encore faut-il que le reste soit parfait)... et façon tempura, pas mal non plus... et il faut aussi parler des desserts, acidularité pour préparer le palais et formidable soufflé au chocolat, sans concurrence, perfection. Absolue ! Point d'orgue de cette symphonie gourmande. Bravo et merci, au Chef, à tous... un très beau repas...






 

LITTLE BIG RESTAURANT ... COMICE


31 avenue de Versailles, tout petit restaurant, grande élégance, service irréprochable, d'une gentillesse exquise, belle carte des vins, sommellerie intelligente des aspirations des hôtes d'un soir (très beaux chardonnays du Jura, sous la signature de JF Ganevat, beaucoup de belles entrées, un vrai bonheur...). Comice sait faire plaisir aux convives réunis autour d'une table, pour en découdre avec la cuisine du chef, qui saura faire défiler avec une générosité gourmande les plats d'un très joli menu de saison... veloûté de potimarron, délicieux tagliatelle à la truffe blanche, d'une formidable générosité, une vraie gourmandise... volaille au vin jaune, aux cèpes et champignons de sous-bois, gnocchi et de terminer cette belle soirée gourmande sur un soufflé au chocolat d'une texture et d'une délicatesse exemplaires, un vrai régal et tous avons englouti ce dessert qui semblait un peu surdimensionné à son arrivée et au fond... pas du tout, la gourmandise l'a emporté, haut-la-main. Une très belle maison, une belle adresse dans le XVI° arrondissement qui n'en compte pas tellement...






30 oct. 2018

O'BOURPIF ... Robuste et Gourmand...

Jadis au Petit Verdot (du XVII° Ardt), voici le O'BOurpif... rue Duret, petite rue du XVI° arrondissement, restaurant Français, cuisine robuste, sûre, gourmande, belle carte des vins, beaux produits et ambiance "comme on aime"... un déjeuner improvisé, autour de quelques plats classiques et joliment ficelés (quoiqu'un brin généreux sur le poivre)... belles assiettes, jus de treille et jolie compagnie, bon moment...



Coquilles St Jacques snackées sur un lit de lentilles verte du Puy pour commencer, cuisson parfaite, gourmandise toute simple, sans complication... bientôt suiviee d'un paleron de boeuf Angus au vin rouge, façon "Boeuf Carottes", sans faute... écrasée de pommes de terre... gourmandise...


Et pour terminer, un Paris Brest un brin généreux, un dessert de bistrot, un vrai, loin des interprétations modernes et pâtissières de ce grand classique de la pâtisserie Française (notamment l'interprétation de Conticini à la Pâtisserie des rêves qui en a fait un de ses desserts emblématiques)...


Mercurey 2014... séduisant d'entrée, pinotant sérieusement... mais qui s'est un peu rapidement refermé dans le verre, pour autant, très beau déjeuner, tout gourmandise complice... un grand Merci de cette initiative gourmande et d'amitié.


14 oct. 2018

ALTURA - ÉTOILES A SEATTLE ...


Une adresse formidable, au centre de SEATTLE, un petit restaurant (une quarantaine de couverts), conçu autour d'un bar - cuisine, dans une ambiance americano-transalpine... un service complice, chaleureux, attentionné et gourmand... wine minded too... un repas spectaculaire, menu du jour... longue déclinaison d'inspiration résolument transalpine, à peine revisité "WestCoast"... le complice du jour, un éminent confrère Tokyoïte conclura à un menu "American-Italian-Kaiseki" ce qui définit assez bien ce repas qui s'organise autour de trois petites heures de gourmandise... joyeusement et consciencieusement arrosées... ce qui explique probablement (en concurrence avec le jetlag) la céphalée tenace du lendemain matin...


Bien arrosé, au démarrage d'un Prosecco splendide (une fois n'est pas coutume), Bizol Cartizze Glera... deux verres généreux permettent de démarrer en fanfare ce long menu dégustation par ce que le Chef appelle "Stuzzichini"... pomme fenouil et cardamome (petit shot destiné à stimuler les papilles) et en avant !... Thon Albacore sur un sponge-cake betterave, fondant et savoureux... oui, savories, c'est ainsi que l'on dénommait autrefois ces mises en bouche... esturgeon fumé, sabayon, caviar osciètre et fondue de poireaux (tuerie), croquants au parmesan, jaune d’œuf et tartare de bœuf... fougasse, pomme de terre fermentée œufs de saumon... cannoli aux oursins... foie gras, fenouil et campari (délicieusement bitter..)... petites merveilles, miniatures gourmandes, sans timidité aucune, directement dans le vif du sujet...






Moules en deux façons à suivre, en bouchée, entourée de prosciutto crudo, et aux cèpes, dans une Royale de champignons... formidable démarrage des "plats"... et l'on n'en a pas fini tandis que l'on passe paisiblement à la bouteille de Nebbiolo 2005 décantée une bonne demi-heure auparavant...Le Piane Boca 2005 que nous pourrons comparer avec 2007 par un verre complice qui fera son apparition sur table... plus avant dans le repas. Une très belle bouteille, à pleine maturité. ..



A suivre un risotto aux cèpes, et de petits croquants (délicieux, faits minute) et fleurs de Myrtilles... simple, délicat, parfaitement tourné... pas très photogénique (le risotto) mais tellement bon... pour un rien, à cet instant on le trouverait presque chiche... quand arrivent les agnolotti de faisan... merveilleusement recouverts de truffe blanche d'Alba (et généreusement... comme jamais... un vrai régal. Ode à la gourmandise)... et un verre de vin blanc de faire son apparition... quelque chose d'assez improbable et de tout à fait bien vu Mathiasson [Ribolla Vialla] (Napa Valley) 2015... élégant et parfaitement équilibré 




Trou Normand (et dire que l'on se croyait tirés d'affaire)... sorbet raisin, granité d'herbes et lime... rafraîchissant, délicieux, acidularité parfaitement maîtrisée... et voici qu'arrive le canard sauvage, maturé, cuit à basse température, d'une texture délicate, soyeuse... quelques racines et quelques griottes... un beau plat, tout gourmandise...



Ah ... sonne l'heure du fromage... gorgonzola délicatement mis en sandwich entre deux tranches de poire séchée... le genre de sandwich que l'on reprendrait bien... en repasse... (à la façon de certain Bao...) mais non... le canard n'avait pas tout dit... Coeur de Canard, Matsutake grillés sur des branches de pins... avec un consommé de canard... au poivre noir... une absolue tuerie !!!



Cette fois on touche à la fin du repas... pomme pochée, caramel bourbon et semi-freddo sur une crumble... et affogato revisité (au chocolat)... flanqué d'un baba au rhum... accompagnés de Poggio Salvi di Chianti, un délicat liquoreux transalpin, 2003... grand repas, grand moment, beaux vins, un restaurant justement double étoilé au guide rouge, plein galon !